LES CHAMPIONNES DE FRANCE DE RUGBY DE ROMAGNAT
« De toute façon, des filles qui jouent au rugby, ce ne sont pas des femmes normales. Bon bah, pff ! »
Caroline Thomas – Bonjour Caroline Thomas, presque trente ans, je joue au rugby à l’ASM Romagnat.
Salomé Perraudin – Moi c’est Salomé Perraudin, presque 25 ans.
Manon Guerrhit – Et moi c’est Manon Guerrhit.
CT – On est sur En Vrai.
En Vrai – Comment décrire votre saison jusqu’à la victoire ?
CT – Montée en puissance.
SP – C’est allé crescendo, que du bonus, que du bonheur. En fait, on était toutes soudées, on avait les entraîneurs qui étaient là pour nous mettre un coup de boost à chaque fois et c’est montée en fait en puissance. Et voilà, les dernières semaines ont été énormes pour nous.
EV – Vous réalisez que vous êtes championnes de France ?
MG – On est en train de prendre conscience qu’on est championne, mais au coup de sifflet final on ne le sait pas en fait.
CT – Vous l’avez regardé, vous ?
Les autres – Non !
CT – Moi non.
SP – Y a la pression qui retombe en fait.
CT – Faut que je regarde la fin.
SP – Ou regarde tout !
CT – Le coup de sifflet final.
EV – Vous êtes sous contrat pro ou amateur ?
CT – C’est de l’amateur, comme il y a différents statuts, on est toutes amateurs. Alors bien sûr, il y a des clubs qui commencent à donner un petit peu d’argent pour défrayer des choses comme ça. Nous à Romagnat, on est 100 % amateurs, on n’a rien du tout, on s’entraîne tous les soirs, on fait ça uniquement pour le plaisir. Après en France, il y a des contrats fédéraux pour les filles de l’équipe de France à 7 et certaines de l’équipe de France à 15. Et nous, au club, on est trois, y a : Jessie, Élise et moi, sous contrat à 75% du coup.
MG – Et les autres sont étudiantes ou bossent.
EV – Les rugbywomen sont-elles victimes de clichés/préjugés ?
MG – Trois gars qui arrivent, on était à la Victoire : « Ah, mais qu’est-ce que vous fêtez ? Ah d’accord, mais les filles, ça jouent au rugby ? ». De toute façon, des filles qui jouent au rugby, ce ne sont pas des filles normales. Bon bah, pff, on lui a mis une tape sur l’épaule, le pauvre, et puis on est parti parce que de toute façon, c’était perdu d’avance.
EV – Quelles questions reviennent souvent ?
MG – « Et vous avez les mêmes règles », « Vous poussez les mêlées ? ».
SP – Ils pensent que c’est différent.
MG – Une règle différente et qui a des améliorations de la règle sur le terrain parce qu’on est des filles et que du coup on ne peut pas pousser les mêlées, on ne peut pas taper les rocks, on ne peut pas plaquer.
EV – Un Last Mot ?
CT – Donc ça, c’est nous qui l’avons aujourd’hui (le trophée), mais il est pour tout le monde, il est pour tous ces gens à Romagnat qui viennent nous voir depuis.
MG – Et Dieu sait qu’il y en a.
CT – Il y en a énormément. Pour tous ces jeunes qui nous klaxonnent, qui ont partagé un verre avec nous !
SP – Ça, c’est les poils de notre entraîneur Fabrice.
CT – Les poils de torse de Fabrice Ribéryrolles.
SP – Et ça, c’est Vincent Fargeas.
MG – Et ça, pour la petite histoire, c’est les Happy Meal d’hier. On avait un petit creux, on a été chercher des Happy Meal et on s’est dit qu’elles feraient briller le bouclier. Et là, on a perdu les vis avec Ophélie et on a joué aux palets bretons dessus.
SP – Et on a buté un Schtroumpf aussi avec !
CT – Y a un Schtroumpf qui est mort… Bref, on a fait plein de choses avec ce bouclier et ce n’est pas fini !
Stagiaire Rédac'