URBEX : JE RECONSTITUE LES HISTOIRES
S’intéresser aux personnes décédées, c’est aussi s’intéresser aux personnes vivantes. Parler de résistants, ils ont hébergé des juifs pendant la guerre, qu’on ne sait pas parce que ce sont des petites vies. J’ai envie que ma passion serve à apporter du bonheur aux gens.
Vincent : Salut à tout le monde, je suis Vincent. Je pratique de l’urbex depuis l’âge de mes 11 ans. Je mène une urbex qu’on va dire « jusqu’au boutiste ». Quand je rentre dans une maison abandonnée, je vais chercher des anciennes lettres, des photos des gens, tout ce qui peut constituer la vie familiale. Par rapport à ça, je vais me documenter sur les anciens habitants. À la suite de ça, je file au cimetière, pour aller chercher leur tombe, je vais vite passer un petit coup de balai. Je vais mettre quelques fleurs. Enfin, bon, bref, je nettoie la tombe. Si je vois que la tombe est en état d’abandon complet, je vais la rénover et dans des cas exceptionnels on parle de résistants, de gens qui ont hébergé des juifs pendant la guerre, qu’on ne sait pas parce que ce sont des petites vies, ce n’est pas Johnny Hallyday. En fait, on n’est pas au courant. La tombe, je la rachète. Ça peut monter jusqu’à 3000-5000 €, donc moi je me porte acquéreur. Est que vous me faites ? un prix ? De 4000 €, je passe à 400. Alors, derrière, je fais une souscription et j’ai tout plein d’inconnus qui, par les réseaux sociaux multiples et variés, me disent : mais nous, on va participer et on en revient à 15 ou 20 € par personne. On est reparti pour 15 ou 30 ans, voilà, c’est un peu la folie de la passion.
En Vrai – Pourquoi faire ça ?
V – Je trouve que la société est très dure, les guerres qui se déroulent à droite à gauche, l’inflation. J’ai envie que ma passion serve à apporter du bonheur aux gens, s’intéresser aux personnes décédées c’est aussi s’intéresser aux personnes vivantes. Les gens sont fortement touchés à l’idée que je prends du temps pour ranger des maisons en désordre complet. Le but c’est d’apporter du bon et voilà, ça fait du bien au cœur.
En Vrai – Comment faire de l’urbex ?
V – Démarrer en Urbex, moi je le conseille énormément. On fait un tourisme ciblé, on s’intéresse à ce qui nous entoure et donc c’est vraiment une démarche qui nous engage complètement vers un milieu où on se sent libre, et donc il y a un aspect de découverte. C’est très enrichissant. Ce que je conseille, c’est un peu de lire sur internet sur les règles de sécurité les plus essentielles, faire attention à soit faire attention qu’il n’y ait pas de clous vers le haut. Quand il y a des planches qui sont par terre, on triple son éclairage, un téléphone bien chargé. Ce qu’il faut, c’est être responsable.
En Vrai – Un last mot ?
V – Pour me retrouver, en fait, c’est extrêmement facile. Je suis sur la totalité des réseaux sociaux, je suis connu comme le loup blanc, donc il suffit de mettre mon nom. J’ai voulu me rendre accessible parce que si quelqu’un a quelque chose à me dire, je veux qu’on puisse me trouver.
Stagiaire Rédac'