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Julien Bony se présente à la présidence de Clermont Auvergne Métropole : volte-face après son élection à Clermont

Julien Bony se présente à la présidence de Clermont Auvergne Métropole : volte-face après son élection à Clermont

Publié le 15 avril 2026
Crédit photo : @JulienBonyTemps de lecture : 6 minutes

Le nouveau maire de Clermont-Ferrand change d'avis : Julien Bony sera candidat à la présidence de la Métropole le 24 avril, malgré ses promesses de campagne.

Revirement politique majeur dans le Puy-de-Dôme. Julien Bony, élu maire de Clermont-Ferrand le 22 mars dernier, annonce ce mardi 14 avril qu'il sera candidat à la présidence de Clermont Auvergne Métropole. Un changement radical de cap : pendant toute sa campagne, il avait pourtant promis de ne jamais cumuler les deux mandats.

C'est le genre de déclaration qui fait trembler la scène politique auvergnate.

Mardi matin, Julien Bony brise un engagement pris devant des milliers d'électeurs clermontois. Le maire fraîchement élu (LR) annonce sa candidature à la tête de Clermont Auvergne Métropole — une fonction qu'il avait pourtant juré de ne jamais occuper. Explication d'un retournement de situation à trois semaines du vote décisif.

Ce qu'il se passe à Clermont-Ferrand

Julien Bony, nouveau maire de Clermont-Ferrand depuis le 22 mars 2026, a fait volte-face.

Pendant toute sa campagne, le candidat de l'union de la droite et du centre avait martelé : il ne se présenterait pas à la présidence de Clermont Auvergne Métropole. Il évoquait un refus du cumul des mandats et promettait de confier ce rôle à l'un de ses adjoints.

Ce mardi 14 avril, à douze jours du premier conseil métropolitain prévu le 24 avril, il déclare pourtant le contraire : il sera bel et bien candidat.

La raison ? Une série de discussions qui ont eu lieu vendredi 10 avril avec les maires des 21 communes de la métropole clermontoise. Ces élus ont clairement exprimé leur souhait : ils ne veulent pas d'un adjoint à la présidence, mais d'un maire.

Julien Bony justifie son revirement par un impératif politique : éviter ce qu'il appelle "des tractations, des divisions et des risques de blocage" au sein de l'assemblée métropolitaine.

Il pointe du doigt Hervé Prononce, maire du Cendre, qu'il accuse de chercher à constituer une majorité en s'alliant avec la gauche, notamment avec Olivier Bianchi, l'ancien maire socialiste de Clermont-Ferrand battu au second tour.

Pourquoi c'est important dans le Puy-de-Dôme

Clermont Auvergne Métropole, ce n'est pas qu'une simple intercommunalité.

C'est l'organe qui décide de l'avenir économique, de la mobilité, de l'aménagement urbain et du développement des 21 communes du territoire. Budget colossal, pouvoirs étendus, poids politique national.

Qui préside la métropole influence directement la vie de plus de 290 000 habitants.

Jusque-là, le maire de Clermont-Ferrand cumulait quasi systématiquement les deux fonctions — mairie + métropole. Olivier Bianchi (PS) occupait les deux postes avant sa défaite en mars.

Avec sa promesse de non-cumul, Julien Bony incarnait une rupture. Il promettait "une gouvernance saine, équilibrée, ouverte", sans monopolisation du pouvoir.

En se présentant finalement, il revient donc sur un engagement de campagne central. Un geste qui divise déjà dans le Puy-de-Dôme.

D'un côté, des élus régionaux (LR et DVD) soutiennent publiquement cette candidature. Une tribune signée par le maire de Vichy, le président du Pôle métropolitain, et les maires d'Issoire et Brioude appelle Bony à "redonner à la métropole sa capacité d'entraînement" pour l'ensemble du territoire auvergnat.

De l'autre, des voix critiques : Flavien Neuvy, maire de Cébazat (pressenti comme candidat), rappelle que "quand on prend des engagements de campagne, c'est bien de les tenir".

Ce que l'on sait précisément

  • Julien Bony sera candidat à la présidence de Clermont Auvergne Métropole.
  • Le vote aura lieu le 24 avril 2026, lors du premier conseil métropolitain.
  • 84 élus des 21 communes devront départager les candidats.
  • Aucun autre candidat ne s'est déclaré officiellement pour l'instant (au 14 avril).
  • Julien Bony justifie sa décision par trois raisons :
  • Olivier Bianchi (PS) dément toute tractation : "Je ne me mêle de rien. Monsieur Bony dit n'importe quoi pour justifier sa trahison."
  • Hervé Prononce, maire du Cendre, refuse de commenter et renvoie à une réunion avec les maires prévue vendredi.

Le compte à rebours est lancé. Rendez-vous le 24 avril 2026 pour le vote.

D'ici là, les tractations vont bon train entre les 21 maires de la métropole. Chacun devra trancher : soutenir Julien Bony et acter son cumul des mandats, ou chercher une alternative.

Pour l'instant, le nouveau maire de Clermont-Ferrand martèle : "La finalité, c'est de défendre l'intérêt général et de garder les moyens de mettre en œuvre le projet que veulent voir les Clermontois."

Reste à savoir si les électeurs clermontois, qui ont voté pour lui en partie sur cette promesse de non-cumul, accepteront ce revirement.

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