Le ministre des Transports Philippe Tabarot sera à Clermont-Ferrand ce vendredi 22 mai pour présider le comité de suivi de la ligne ferroviaire Paris-Clermont. Une visite très attendue par les usagers et les élus auvergnats, qui espèrent des réponses concrètes sur l'arrivée des rames Oxygène et l'avenir de cette ligne stratégique pour l'Auvergne.
Encore une visite ministérielle à Clermont-Ferrand sur la ligne Paris-Clermont. Mais cette fois, impossible de se contenter de promesses : les 1,9 million de passagers annuels veulent des dates précises pour l'arrivée des rames Oxygène, promises depuis 2023, et des perspectives claires pour descendre enfin sous les trois heures de trajet.
Ce qu'il se passe à Clermont-Ferrand
Philippe Tabarot, ministre des Transports, sera dans la capitale auvergnate jeudi 21 mai en fin de journée et vendredi 22 mai en matinée. Il présidera le comité de suivi des dessertes ferroviaires de la ligne Clermont-Nevers-Paris, réunissant l'État, la SNCF, les élus locaux de tous les départements traversés (Puy-de-Dôme, Allier, Nièvre) et les représentants des usagers.
Ce comité, désormais organisé chaque année, se tiendra dans la salle Clémentel à Clermont-Ferrand, cadre devenu familier des annonces ferroviaires pour l'Auvergne.
Jeudi soir, une réunion préparatoire est prévue : le ministre doit présenter les résultats des études menées par la SNCF pour accélérer les trajets après 2028, soit après la fin du programme de régénération de la voie et la mise en service des nouvelles rames Oxygène.
Pourquoi c'est important dans le Puy-de-Dôme et en Auvergne
Cette ligne est vitale pour l'Auvergne : elle transporte environ 1,9 million de passagers par an entre Paris et Clermont-Ferrand, en passant par Moulins, Vichy et Nevers.
Mais depuis des années, cette liaison cumule les problèmes : retards chroniques, pannes de locomotives, rames Corail cinquantenaires usées jusqu'à la corde. Le week-end dernier encore, un nouvel incident technique a provoqué des retards de plusieurs heures entre l'Auvergne et Paris.
Pour les habitants du Puy-de-Dôme, les étudiants, les travailleurs qui font l'aller-retour, les entreprises, cette ligne est un enjeu économique, social et territorial majeur. Son état actuel freine l'attractivité de l'Auvergne, complique les mobilités et pèse sur l'image de la région.
L'objectif fixé depuis longtemps : descendre significativement sous les trois heures de trajet pour relier Paris et Clermont-Ferrand. Aujourd'hui, on est loin du compte.
Ce que l'on sait précisément
Les rames Oxygène : un calendrier sous tension
Les douze rames Oxygène, commandées par l'État en 2019 au constructeur espagnol CAF, devaient initialement arriver en 2023. Nouveau planning annoncé : printemps 2027 pour les premières rames, et fin 2027 pour le déploiement complet de la flotte.
Actuellement, plusieurs rames sont en phase de tests sur différents tronçons en France. Une rame a notamment passé deux semaines d'essais entre Angers et Le Mans avant de rentrer au technicentre de Villeneuve-Saint-Georges, leur site d'entretien.
Ces nouvelles rames doivent remplacer les rames Corail et leurs locomotives à peine moins âgées, responsables de la majorité des pannes et retards actuels.
Un comité annuel rodé
Ce sera la quatrième réunion du comité de suivi, et la septième visite d'un ministre des Transports en Auvergne depuis 2018 sur ce dossier. Philippe Tabarot était déjà venu en avril 2025, il y a treize mois.
Lors de sa dernière visite, le ministre avait confirmé des mesures provisoires pour améliorer la maintenance des locomotives, mais sans grande annonce concrète. Depuis, les incidents se sont poursuivis.
Jeudi 21 mai en soirée
Réunion préparatoire avec élus, associations d'usagers et proches du dossier. Présentation des études sur les perspectives d'amélioration après 2028.
Vendredi 22 mai en matinée
Comité de suivi officiel des dessertes ferroviaires de la ligne Clermont-Nevers-Paris à la préfecture de Clermont-Ferrand.
Ce qu'on attend du ministre
- Une confirmation ferme du calendrier de livraison des rames Oxygène : printemps 2027 ou nouveau retard ?
- Des perspectives concrètes pour l'après-2028 : quels investissements, quel calendrier pour gagner du temps de trajet ?
- Des mesures pour limiter les incidents en attendant l'arrivée des nouvelles rames.
Les Auvergnats ne veulent plus de promesses. Ils veulent des trains qui roulent, des horaires respectés, et une ligne à la hauteur d'un territoire connecté au reste de la France.