đ¶ BĂ©bĂ© boude : mais pourquoi l'Auvergne fait moins de gosses ?
Autrefois, on faisait des enfants comme on achetait une baguette : sans trop rĂ©flĂ©chir. Aujourdâhui ? Câest plus « on verra quand jâaurai le temps, lâargent, une maison, et fini toutes mes sĂ©ries Netflix ».
Bref, bĂ©bĂ© nâest plus la prioritĂ© n°1. Alors, on a pris notre micro et on est allĂ©s demander aux Clermontois pourquoi on laisse bĂ©bĂ© dans un coin.
đïž âNos animaux de compagnie, câest nos bĂ©bĂ©s maintenantâ
Pas le temps, pas lâenvie, pas la motivâ pour gĂ©rer un mini-humain. En attendant, Georges et Myrtille remplissent le contrat (chacun·e son goĂ»t en matiĂšre de blazes).
« Franchement, mon chien me prend dĂ©jĂ toute mon Ă©nergie. Il est comme un gosse, sauf quâil est poilu et bouffe mes baskets », affirme une dog mom.
« On est une gĂ©nĂ©ration oĂč lâon fait passer dâautres choses avant, notamment [âŠ] les animaux. Ce sont nos premiers bĂ©bĂ©s », partage une autre dog mom.
đŒ âYâa tellement de trucs Ă faire avantâŠâ
Ce que disent les jeunes, ce nâest pas un ânonâ Ă la parentalitĂ©. Câest plutĂŽt :đ « Pas tout de suite. »đ « Pas dans ces conditions. »đ Et parfois seulement : « Pas du tout. »
Voyager, se stabiliser, lancer sa boĂźte, profiter de sa liberté⊠Tout ça passe avant de sâengager dans quelque chose dâaussi lourd quâun enfant.Et puis, faut-il encore ĂȘtre deux : Ă lâĂšre des Ă©crans, des applis et des relations Ă©clair, les rencontres se font plus rares â et les projets de famille aussi.
« Je veux voyager, bosser, me sentir stable. Un enfant, câest pas un accessoire, câest un engagement Ă©norme », confie un jeune actif.
« On est plus dans le monde du travail, de lâentrepreneuriat [âŠ] », explique une jeune entrepreneuse.
« Câest contraignant et maintenant on y rĂ©flĂ©chit plus », affirme une jeune femme.
« Au-delĂ du coĂ»t que ça prend, câest toutes les activitĂ©s quâon ne peut plus faire Ă cĂŽté », souligne une autre jeune femme.
« Avec les rĂ©seaux, on est tous derriĂšre nos Ă©crans [âŠ] Yâa de moins en moins de rencontres, du coup moins de couples », remarque un jeune homme.
đ Moins une obligation, plus un choix
Longtemps considĂ©rĂ© comme une Ă©tape ânormaleâ dans la vie (surtout concernant les femmes), faire un enfant devient un vrai choix personnel. La pression sociale, avant automatique, redescend. En cause, beaucoup dâangoisses en fond de tableau.
« Les journaux ont un impact lĂ -dessus, câest vrai quâavec tout ce qui se passe dans le monde, yâen a beaucoup, ça les motive pas Ă vouloir laisser cet avenir Ă leurs enfants », explique un jeune couple.
« On nâa plus cette image de la maternitĂ©, on voit les mauvais cĂŽtĂ©s de la grossesse, du post-partum, mĂȘme aprĂšs, Ă©lever son enfant [âŠ] le temps que ça prend [âŠ] on en parle plus et câest plus acceptĂ© maintenant, » constate une jeune femme.
« DĂ©jĂ , le coĂ»t de la vie, tout est extrĂȘmement cher. Les Ă©tudiants, on arrive pratiquement pas Ă survivre [âŠ], tout est stressant : trouver un taf, les conflits sociaux, politiques, yâa aussi le point de vue Ă©cologique. Vu que la vie, le monde, pue un peu la merde en ce moment [âŠ], mettre un enfant dans cet enfer, personnellement, câest pas ma came, » confie un Ă©tudiant. Optimiste !
« Je pense quâune femme fait des enfants beaucoup plus tard, ou nâen fait pas [âŠ], on est plus libre de ce choix, on se marie plus tard ou on se marie pas, on a le choix de faire des enfants ou de pas en faire, alors quâavant câĂ©tait une rĂšgle sociĂ©tale [âŠ]. MĂȘme pour les carriĂšres professionnelles, ça peut ruiner des carriĂšres » analyse un Ă©tudiant en droit.
đ§ En vrai, pourquoi ça baisse ?
âĄïž Parce que les jeunes veulent choisir leur moment, pas suivre une norme. âĄïž Parce quâun enfant, câest un projet de vie, pas un rĂ©flexe social. âĄïž Et puisquâavec un loyer Ă 700⏠pour un T2 Ă Clermont, bĂ©bĂ© devra attendre dâavoir sa chambre đ¶.
đ En quelques chiffres
- En France, 663 000 bĂ©bĂ©s sont nĂ©s en 2024, soit 2,2 % de moins quâen 2023, et 21,5 % de moins quâen 2010. đ Source : Insee â Bilan dĂ©mographique 2024En France, 663 000 bĂ©bĂ©s sont nĂ©s en 2024, soit 2,2 % de moins quâen 2023, et 21,5 % de moins quâen 2010. đ Source : Insee â Bilan dĂ©mographique 2024
- En Auvergne-RhĂŽne-Alpes, on a enregistrĂ© 78âŻ459 naissances en 2023, soit une baisse de 7,7 % sur un an.En Auvergne-RhĂŽne-Alpes, on a enregistrĂ© 78âŻ459 naissances en 2023, soit une baisse de 7,7 % sur un an.
- DĂ©but 2024, la rĂ©gion connaĂźt encore une baisse de 0,4 % par rapport Ă la mĂȘme pĂ©riode lâannĂ©e prĂ©cĂ©dente. đ Source : Insee â Statistiques rĂ©gionales 2024DĂ©but 2024, la rĂ©gion connaĂźt encore une baisse de 0,4 % par rapport Ă la mĂȘme pĂ©riode lâannĂ©e prĂ©cĂ©dente. đ Source : Insee â Statistiques rĂ©gionales 2024
đŒ Et du coup, bĂ©bĂ©, câest pour quand ?
Ben⊠Pas maintenant. Pas pour tout le monde. Et pas forcĂ©ment du tout. En 2025, faire un bĂ©bĂ©, câest devenu aussi rĂ©flĂ©chi quâun achat sur Vinted :
âĄïž « Est-ce que jâen ai vraiment besoin ? » âĄïž « Est-ce que jâai la place ? » âĄïž « Est-ce que ça va aller avec ma vie ? » âĄïž « Et si je regrette dans 2 semaines, je peux le renvoyer ou pas ? » (non.)
Bref, le cĆur y est peut-ĂȘtre⊠Mais pour lâinstant, câest pas le moment dâappuyer sur « ajouter au panier » đ¶đ
Rédactrice: AMBRE
Mano Rédacteur