Julien Bony a officiellement pris ses fonctions à la mairie de Clermont-Ferrand le 27 mars 2026, mettant fin à 82 ans de gestion socialiste. Le nouveau maire, élu sous l'étiquette Les Républicains, a dévoilé son équipe resserrée de 12 adjoints, contre 21 sous le mandat précédent. Un choix politique fort qui place la sécurité, la sobriété budgétaire et l'efficacité au cœur de la nouvelle mandature.
Un exécutif à 12, pas un de plus. En divisant par deux le nombre d'adjoints, Julien Bony envoie un signal immédiat aux Clermontois : économies, pragmatisme, et priorités claires. La sécurité, l'urbanisme, la culture… chaque délégation a été confiée à un profil expérimenté ou issu de la société civile. Mais qui sont ces hommes et femmes qui vont piloter la capitale auvergnate pour les six prochaines années ?
Ce qu'il se passe à Clermont-Ferrand
Le 27 mars 2026, Julien Bony a succédé à Olivier Bianchi à la mairie de Clermont-Ferrand. Lors du conseil municipal d'installation, il a officiellement nommé ses 12 adjoints, rompant avec l'organisation de la mandature précédente qui en comptait 21.
Ce choix s'inscrit dans une logique de réduction des dépenses de fonctionnement annoncée durant la campagne. Selon le nouveau maire, cette réorganisation permet d'économiser près de 200 000 euros par an, une somme qu'il entend réaffecter aux services publics locaux.
L'équipe est composée de profils variés : élus expérimentés de la droite et du centre, mais aussi nombreux représentants de la société civile qui découvrent la fonction pour la première fois. Parmi les nouveaux visages : un ancien haut fonctionnaire de la police nationale, une avocate rompue aux dossiers européens, un champion du monde de trail, ou encore des entrepreneurs locaux.
Le premier adjoint, Gérald Sertelet, hérite de la délégation stratégique à la sécurité du quotidien et à la politique mémorielle. Ancien directeur départemental adjoint de la police nationale, il n'avait jamais été élu auparavant mais a travaillé dans les cabinets de préfets, du ministère de l'Intérieur, et même de l'Élysée sous Nicolas Sarkozy.
Pourquoi c'est important dans le Puy-de-Dôme
Cette nouvelle équipe incarne un tournant politique majeur pour Clermont-Ferrand. Après plus de huit décennies de gestion de gauche, la ville bascule à droite avec une coalition LR-Centre-Société civile.
Le choix de placer la sécurité en tête des priorités répond à une attente forte exprimée durant la campagne. Le retour de l'éclairage public nocturne, supprimé sous le mandat précédent pour des raisons énergétiques, figure parmi les premières mesures annoncées. Julien Bony a d'ailleurs entamé sa prise de fonction par une visite à la police municipale.
La réduction du nombre d'adjoints traduit également une volonté de sobriété budgétaire dans un contexte économique tendu pour les collectivités locales. L'exécutif mise sur une équipe resserrée pour gagner en réactivité, en cohérence et en efficacité dans la mise en œuvre des projets.
Enfin, la composition de l'équipe reflète une ouverture à la société civile, avec des profils issus du monde de l'entreprise, du sport, de la santé ou de l'artisanat. Une manière de renouveler les pratiques politiques locales à Clermont-Ferrand.
Ce que l'on sait précisément
Les 12 adjoints ont été officiellement nommés lors du conseil municipal du 27 mars 2026. Voici leur répartition :
Les délégations clés
- 1er adjoint – Gérald Sertelet : Sécurité du quotidien et politique mémorielle. Ancien de la police nationale, il a notamment travaillé à Clermont-Ferrand durant une dizaine d'années.
- 2e adjointe – Géraldine Bastien : Urbanisme, cadre de vie et nature en ville. Avocate de formation, elle entame son troisième mandat municipal. Ancienne assistante parlementaire européenne, elle connaît bien les rouages institutionnels.
- 3e adjoint – Stanislas Renié : Commerce, artisanat et tourisme. Centriste depuis 40 ans, commerçant à Montferrand, il était vice-président de la Chambre de Commerce et d'Industrie (CCI).
- 4e adjointe – Catherine Pinet-Tallon : Culture et rayonnement international. Secrétaire générale adjointe du groupe majoritaire à la Région Auvergne-Rhône-Alpes, elle a travaillé auprès de Valéry Giscard d'Estaing.
- 5e adjoint – Alexis Blondeau : Santé, solidarités et politique de la ville. Président départemental de Renaissance, professeur de mathématiques, il siégeait dans l'opposition depuis 2020.
- 6e adjointe – Valentine Tezenas du Montcel : Vie locale et associative. Consultante en ressources humaines, non encartée, elle découvre la politique à 41 ans.
- 7e adjoint – Thomas Lorblanchet : Sports. Kinésithérapeute, champion du monde de trail en 2019, il s'est engagé après l'agression de sa fille à la sortie de son lycée.
- 8e adjointe – Fatima Bismir : Enfance, jeunesse et vie étudiante. Ancienne agent du CHU de Clermont, élue centriste, elle a grandi dans les quartiers Nord.
- 9e adjoint – François Merlet : Espaces publics et déplacements du quotidien. Ingénieur chez Michelin pendant 30 ans, encarté Renaissance, il veut « fluidifier » certains axes sans « donner le signal que toutes les voitures peuvent revenir ».
- 10e adjointe – Bernadette Oleksiak : Habitat, logement et transition écologique. Ancienne gérante d'une entreprise de cuisines, élue au CESER, elle veut replacer l'écologie dans le débat local.
- 11e adjoint – Robert Pages : Finances et économie sociale et solidaire. Ancien contrôleur de gestion et directeur financier chez Michelin pendant 35 ans, il devra « amender » le plan d'investissement pour tenir les promesses de campagne.
- 12e adjointe – Cécile Laporte : Égalité des droits et lutte contre les discriminations. Élue LR, mandataire immobilier, elle travaillera « de façon transverse » sur les discriminations dans tous les secteurs.
Et maintenant ?
Les adjoints vont désormais prendre possession de leurs délégations et découvrir l'état des lieux des services municipaux. Julien Bony a entamé une tournée de rencontres avec les équipes, en commençant par la police municipale.
Prochaines étapes confirmées :
- Fin avril 2026 : élection du président de Clermont Auvergne Métropole. Julien Bony prévoit de rencontrer les 20 autres maires d'ici là pour « retendre le lien » entre les communes.
- Printemps 2026 : lancement du projet de petits-déjeuners offerts aux élèves dans les écoles, porté par Fatima Bismir.
- Courant 2027 : création d'un office du commerce à Clermont-Ferrand, annoncé par Stanislas Renié.
- Été 2026 : fin de la phase d'analyse pour la culture, avant le démarrage concret des nouveaux projets.
Julien Bony a également confirmé vouloir engager rapidement des économies supplémentaires sur « le train de vie de la municipalité », via la réduction des frais de mandat, des déplacements, et la digitalisation de certains services.
Le nouvel exécutif clermontois entame donc son mandat avec des objectifs clairs et un calendrier resserré. Reste à voir comment ces annonces se traduiront sur le terrain dans les mois à venir.