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Protoxyde d'azote à Clermont-Ferrand : vente, détention et consommation désormais interdites — 150 € d'amende à la clé

Protoxyde d'azote à Clermont-Ferrand : vente, détention et consommation désormais interdites — 150 € d'amende à la clé

Publié le 22 mai 2026
Crédit photo : @VilleClermontFerrandTemps de lecture : 6 minutes

À Clermont-Ferrand, le "gaz hilarant" n'est plus le bienvenu dans l'espace public. Le maire Julien Bony a officialisé un nouvel arrêté municipal interdisant la vente, la détention et la consommation de protoxyde d'azote sur l'ensemble du territoire de la commune. Une décision qui intervient dans un contexte de flambée inquiétante de la consommation dans le Puy-de-Dôme, et en plein débat national au Sénat.

Plus de 10 700 bonbonnes de gaz ramassées dans les rues de Clermont-Ferrand en à peine un an et demi. Une facture de 110 000 euros pour la ville. Et des accidents de la route qui s'enchaînent. Face à ce phénomène qui prend de l'ampleur à une vitesse "très inquiétante", la mairie a décidé de frapper fort.

Ce qu'il se passe à Clermont-Ferrand

Le 28 avril 2026, le maire Les Républicains de Clermont-Ferrand, Julien Bony, a signé un arrêté municipal interdisant formellement la vente, la détention et la consommation par inhalation de protoxyde d'azote sur l'ensemble du territoire de la commune.

L'annonce a été faite publiquement le 21 mai dans les locaux de la police municipale, soulignant le caractère opérationnel de la mesure. L'arrêté est valable jusqu'au 31 décembre 2026, mais Julien Bony a d'ores et déjà annoncé sa volonté de le renouveler : "Le phénomène tend à se développer à une vitesse très inquiétante à Clermont-Ferrand comme dans d'autres villes."

Ce n'est pas la première fois que la ville agit sur ce front. L'arrêté de Julien Bony prolonge et maintient une mesure déjà prise par son prédécesseur socialiste Olivier Bianchi, qui avait signé un premier arrêté similaire le 28 août 2025. La lutte contre le "proto" dépasse donc les clivages politiques à Clermont-Ferrand.

Pourquoi c'est important dans le Puy-de-Dôme

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. En 2025, ce sont près de 7 400 bonbonnes de protoxyde d'azote qui ont été ramassées par les agents de la commune dans les rues de Clermont-Ferrand. Depuis le début de l'année 2026, 3 300 bouteilles supplémentaires ont déjà été collectées. Soit un total de plus de 10 700 bonbonnes en un an et demi.

Ce phénomène a un coût direct pour les habitants du Puy-de-Dôme : plus de 110 000 euros ont été dépensés par la collectivité pour le traitement de ces déchets, une somme qui grève le budget municipal.

Au-delà de l'aspect financier, les risques pour la santé publique et la sécurité routière sont réels. Le protoxyde d'azote, populaire notamment chez les jeunes, est associé à des malaises, des accidents de la route, et dans certains cas à des séquelles neurologiques graves et irréversibles.

Pour Julien Bony, la mesure est un signal clair : "C'est un enjeu de santé publique et de sécurité routière, mais aussi un enjeu environnemental et de tranquillité publique."

Ce que l'on sait précisément

  • L'arrêté interdit la vente, la détention et la consommation par inhalation de protoxyde d'azote dans l'espace public de Clermont-Ferrand.
  • Les contrevenants s'exposent à une amende forfaitaire de 150 euros ainsi qu'à une citation à comparaître devant la justice.
  • L'arrêté a été signé le 28 avril 2026 et court jusqu'au 31 décembre 2026.
  • La législation nationale existe depuis la loi Léotard de 2021, qui interdit déjà la vente aux mineurs, mais l'arrêté municipal va plus loin en ciblant toute la population dans l'espace public.
  • À l'échelle nationale, le projet de loi Ripost (Réponses immédiates aux phénomènes troublant l'ordre public), porté par le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez, est en cours d'examen au Sénat cette semaine et comprend un volet consacré au protoxyde d'azote.

À l'échelle locale, l'arrêté est immédiatement applicable et la police municipale clermontoise est en charge de son application jusqu'à fin décembre 2026. Le renouvellement est déjà envisagé si la situation ne s'améliore pas.

À l'échelle nationale, les débats au Sénat autour du projet de loi Ripost pourraient faire évoluer le cadre légal de manière plus structurelle. La sénatrice socialiste du Puy-de-Dôme Marion Canalès, membre de la commission des affaires sociales, s'est particulièrement mobilisée sur ce texte. Elle a réussi à faire adopter deux amendements : l'un visant à restreindre la vente du protoxyde d'azote aux seuls professionnels habilités — disposition qui n'était pas dans le texte initial — et l'autre consacré à la prévention et à la sensibilisation.

Pour la sénatrice, l'enjeu est clair : "Il faut débanaliser le protoxyde d'azote." Une prise de conscience qui semble désormais partagée, au-delà des clivages politiques, entre élus locaux clermontois et parlementaires du département.

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