Tatoueuse graphique à Issoire
« Un jour, un mec m’a fait faire parce qu’il était plombier… Il m’a fait faire un chiotte sur la cuisse ! »
Bonjour, je m’appelle Nana, j’ai 28 ans et on vient parler de tatouages sur En Vrai.
En Vrai – Parle-nous un peu de toi
N – Du coup, je suis tatoueuse depuis dix ans. Je suis restée trois ans dans le shop à mon papa. Avant c’était “Canas Tatoo” et après, j’ai pris “Nana Ink’” et c’était lancé quoi. J’étais sous le nom “Canas Tatoo” pas. Et je fais du graphique linéaire et c’est cool !
EV – C’est quoi ton style de tatouage ?
N – La ligne fine, la ligne droite, la ligne abstraite. Pas beaucoup d’ombrage. C’est rendre un petit peu la chose assez épurée, qu’il n’y ai pas besoin d’en faire beaucoup, mais que ça reste quand même esthétique, que ça suive les lignes du corps.
EV – C’est quoi ta recette secrète ?
N – Maintenant, ça fait dix ans. Donc c’est vrai que maintenant on vient me voir pour mon style. Du coup, il y a plus un projet créatif. Je comprends assez vite leur projet. Je fais souvent un “one shot”, c’est-à-dire que je réussis à cerner la personne. C’est là que j’ai réussi à cerner la personne. Mais après, faut aimer mon style ! En général, je fais des cartes blanches, cartes blanches c’est les clients qui me laissent inspi à 2000%. Et en général, c’est un one shot et ils sont très, très contents.
EV – Ta demande de tatouage la plus WTF
N – Un jour, un mec m’a fait faire parce qu’il était plombier… Il m’a fait faire un chiotte sur la cuisse ! Je suis allé sur Google, j’ai tapé “chiotte coloriage,” je lui ai fait un copier-coller. Je lui ai mis sur la cuisse et il était content (rires). C’est le truc le plus délire que j’ai fait en 10 ans !
EV – Ton avis sur ces tatouages ?
C’est difficile de juger parce que j’ai commencé, tu vois, et c’était pas ouf ce que je faisais au début. Tu vois donc je vais essayer d’être le plus humble possible, le plus bienveillant, mais oui, bon, alors là, du coup… Il y a un petit problème de proportions quoi. Bon, c’est quelqu’un qui débute, je pense. Ouais, parce que tu vois que la peau, elle est mâchée et que le trait est assez tremblant. Il n’y a pas de sûreté dans les traits, mais ça va, ça se recouvre bien.
Celui-là tu vois, a contrario, il est très bien exécuté. Mais c’est pas, voilà… “Suce toi” quoi. Voilà c’est… Pourquoi pas, pourquoi pas…
Ah Totoro, il a pris sentence là… (rires). Je juge pas, j’ai un Totoro aussi dans le dos, je le fais recouvrir aussi. C’est pas une dinguerie mais c’est pas l’horreur. J’ai vu des trucs pires genre un lion qui fait un AVC tu vois, mais genre sa gueule, elle dégouline (rires). Une peinture ? Nan nan, là ça va.
EV – Comment t’as appris le tatouage ?
Moi, j’étais formé avec mon papa et c’est la vieille de la vieille. C’est plutôt une formation de maître à élève en fait, Tu sais, comme les maîtres sushi au Japon, tu mets dix ans pour être maître sushi. Dans le tatouage, c’est pareil. Moi je dirais, c’est 4 à 5 ans pour devenir tatoueur à force d’en faire, à force d’en faire… Mais après, il y a des gens qui ont des facilités plus que d’autres. Ils touchent un dermographe, ils font un truc de ouf et t’es dégoûté toi… T’as mis dix ans à faire ça et lui, en un an, il fait ça… Mais bon, c’est le jeu quoi !
EV – Je veux un nouveau tatouage, ça se passe comment ?
Le must, c’est quand même de m’envoyer un petit SMS et de me donner toutes les informations bien exactes. Donc c’est-à-dire la zone, ce que vous voulez avec des photos de références. Si c’est des photos qui sont sur mon Insta et qui sont de mon travail, c’est encore mieux. Mais après on se voit en boutique et on en discute correctement.
Mano Rédacteur