[DIS MOI TOUT] C’est quoi les idées reçues sur la bipolarité ?
C’est vrai qu’on me traite de « fou du village » ou des trucs comme ça. Il y a des gens qui ont des préjugés parce que ça leur fait peur et si ça leur fait peur, c’est parce qu’ils ont peur de poser les bonnes questions aux bonnes personnes.
En Vrai – Lui, c’est Sébastien et il est bipolaire. Alors, dans cette vidéo, il va nous expliquer ce qu’est la bipolarité. Il va nous partager son histoire, mais surtout nous raconter son quotidien
Sébastien – Bah la bipolarité, c’est ce qu’on appelait avant qu’on était « maniaco dépressif », maintenant c’est « bipolarité ». Il y a deux types de bipolaire : un type 1 et un type 2. Alors les types 1, ils vont plus avoir de phases où ils vont plus être en phase basse qu’en phase haute et moi je suis le type 2 donc moi j’en ai moins et moi j’ai été diagnostiqué plutôt tôt dans ma vie, vers 11-12 ans j’étais diagnostiqué déjà maniaco-dépressif, que ça n’existait pas, bipolaire voilà. L’impossibilité de ne pas cogiter, ça je ne connais pas, les bipolaires qui ne cogitent pas, ça n’existe pas. Quand on est en phase basse, ce n’est pas notre faute. En fait, c’est qu’on a, par exemple, vécu un événement qui était tellement bon sur le moment qu’après on redescend en phase basse, alors qu’en phase haute, on y monte aussi vite qu’un ascenseur, quoi !
EV – C’est lié à tes émotions ?
S : Oui moi, bipolaire affectif, c’est complètement lié à mes émotions. Je m’attache vite aux personnes, ça peut être un ami, ça peut être ma copine, par exemple, ou quelque chose comme ça. Je vais vite m’attacher et dès que je sens un peu, bah ça bat de l’aile. Moi, je vais, je ne vais pas être bien. Souvent, c’est là que je vais commencer à voir être un peu en phase basse à se dire : « Qu’est-ce que je lui fais ? », On se pose plein de questions.
EV – T’as déjà entendu des idées reçues ?
S : Moi je suis d’ici, moi je suis de Cournon, je connais par cœur Cournon mais c’est vrai qu’on traite un peu de « fou du village » ou des trucs comme ça alors que non, c’est que les personnes ne prennent pas le temps de venir nous parler alors qu’ils verraient ce qu’on fait avec nos mains, fait des marchés de Noël. Il y a des gens qui ont des préjugés parce que ça leur fait peur, c’est tout, et si ça leur fait peur, c’est parce qu’ils ont peur de poser les bonnes questions aux bonnes personnes. Ça m’est déjà arrivé dans un bus, on me pose la question : « qu’est-ce que c’est ? » Bah, on explique, on dit voilà, mais c’est rare que les gens fassent ça.
EV – Quels types de soins as-tu suivis ?
S : Moi j’ai fait de la pédopsychiatrie, c’est-à-dire qu’à 12 ans je suis rentré en psychiatrie jusqu’à à peu près l’âge de mes 16-17 ans. Puis après j’ai fait beaucoup d’hôpitaux, mais c’est pour des choses… J’ai perdu beaucoup de monde dans ma vie, des amis qui sont décédés, tout ça, et à chaque fois que je faisais une hospit’, c’était pour ça donc c’était devenu une routine.
EV – Tu vis où ?
S : Alors l’endroit où je vis, je vais le citer, c’est pour des gens qui un jour auront la chance d’y aller. C’est un endroit super, c’est la Résidence Accueil de la Croix-Marine. Donc c’est une résidence pour malades psychiques, on paye un loyer, on a un appartement. Il y a des activités, donc nous, on y va, on partage un moment de plaisir avec eux. Regardez bien, je ne mens pas. Demain, c’est la galette. Par exemple, on va apprendre à fabriquer notre galette, on fait des sorties aussi. Attention, on est allé à Annecy.
EV – Un message pour les gens ?
S : Bah je leur dirais d’être unis et solidaires, l’union avec tout le monde, respecter tout le monde, c’est une utopie bien sûr. Voilà, l’unité, la solidarité, c’est tout.
Stagiaire Rédac'