« Je suis arrivée à Clermont-Ferrand en 1968 avec une seule valise ». Comme Maria, venue du Portugal à l’âge de 20 ans, des milliers de femmes et d’hommes ont quitté leur pays pour s’installer en Auvergne au cours du XXe siècle. Derrière les usines, les chantiers et les quartiers qui ont façonné la région se cachent des histoires de départs, de sacrifices, mais aussi d’espoir. Une région qui, au fil des décennies, a accueilli des milliers de personnes venues d’ailleurs et dont l’histoire reste encore largement méconnue.
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Les premiers étrangers arrivent dès la Révolution
Contrairement à une idée reçue, la présence d’étrangers en Auvergne ne date pas du XXe siècle. Dès la fin du XVIIIe siècle, plusieurs centaines de prisonniers de guerre venus de toute l’Europe sont envoyés dans les départements auvergnats. Tchèques, Polonais, Italiens, Allemands ou encore Hongrois travaillent alors dans les fermes, les mines ou sur différents chantiers.
Au XIXe siècle, l’Auvergne accueille également plusieurs vagues de réfugiés politiques. Des Italiens, des Espagnols et des Polonais, contraints de fuir leur pays pour des raisons politiques, viennent trouver refuge dans la région. Certains finissent même par s’y installer définitivement !
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Une immigration longtemps limitée
Pendant une grande partie du XIXe siècle et du début du XXe siècle, l’immigration reste cependant relativement faible. La raison est simple : l’Auvergne dispose alors d’une importante main-d’œuvre locale. Les campagnes fournissent suffisamment de travailleurs pour alimenter les mines, les usines et les différents secteurs en plein développement.
À cette époque, les Auvergnats sont d’ailleurs plus nombreux à quitter leur région qu’à accueillir de nouveaux habitants. Beaucoup partent notamment à Paris, où naît la célèbre figure du « bougnat ».
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L’entre-deux-guerres change la donne
Après la Première Guerre mondiale, la situation évolue. Le manque de main-d’œuvre pousse les entreprises à recruter davantage de travailleurs étrangers. Des Espagnols, des Italiens, des Polonais et des Portugais rejoignent progressivement la région.
Dans le même temps, Clermont-Ferrand connaît une croissance spectaculaire grâce au développement industriel. La ville attire de plus en plus de travailleurs venus de toute la France mais aussi de l’étranger.
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Les réfugiés espagnols et la Seconde Guerre mondiale
L’année 1939 marque un tournant important. Effectivement, après la victoire du général Franco en Espagne, plusieurs milliers de réfugiés espagnols sont envoyés en Auvergne. Beaucoup participeront par la suite à la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale.
Dans le même temps, certaines communes de la région deviennent des lieux de refuge pour les personnes persécutées. Cette période renforce l’image d’une Auvergne capable d’accueillir et de protéger des populations venues d'ailleurs.
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L’arrivée massive des Portugais
C’est toutefois après la Seconde Guerre mondiale que l’immigration économique prend réellement de l’ampleur.
Dans les années 1960 et 1970, des milliers de Portugais s’installent en Auvergne. Attirés par les opportunités d’emploi, notamment dans l’industrie et le bâtiment, ils deviennent rapidement l’une des communautés les plus importantes de la région. Leur présence marque durablement le territoire, notamment autour de Clermont-Ferrand, où de nombreuses familles portugaises s'établissent définitivement.
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Une région toujours plus diverse
À partir des années 1970, d’autres populations venues du Maghreb, de Turquie ou encore d’Europe de l’Est rejoignent à leur tour l’Auvergne.
Aujourd’hui, l’immigration fait pleinement partie de l’histoire régionale. Derrière l’image traditionnelle de l’Auvergne se cache en réalité une longue histoire de rencontres, d’échanges et d’intégration qui a contribué à construire la région telle que nous la connaissons aujourd’hui.
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Michelin : un acteur majeur de l’immigration en Auvergne
Impossible d’évoquer l’histoire de l'immigration en Auvergne sans parler de Michelin. À partir des années 1950 et surtout dans les années 1960-1970, l’entreprise clermontoise fait face à un manque de main-d’œuvre locale. Pour continuer son développement, elle se tourne alors vers le recrutement de travailleurs étrangers, notamment venus du Portugal, d’Espagne, du Maroc, de Turquie ou encore de l’ex-Yougoslavie.
Des milliers de familles choisissent ainsi de s’installer dans la région, attirées par la promesse d’un emploi stable et d’une vie meilleure. Beaucoup s’intègrent durablement à la société auvergnate, au point que leurs enfants et petits-enfants font aujourd'hui pleinement partie du paysage local.
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Et toi, savais-tu que l’histoire de l’immigration en Auvergne remontait à plus de deux siècles ? Quelle période t’a le plus surpris ? N’hésite pas à nous donner ton avis en commentaire !