Du 18 au 26 avril, le festival Musiques Démesurées s'engage à Clermont-Ferrand avec 21 concerts, une programmation féminine forte et un message politique assumé.
"Femme, vie, liberté". C'est le cri de ralliement qui résonne à travers toute la 27e édition du festival Musiques Démesurées, qui se déroule du 18 au 26 avril à Clermont-Ferrand. Concerts, créations mondiales, installations sonores et même concerts à vélo : la musique contemporaine prend position et met les femmes artistes au cœur de la scène.
Un festival qui ne détourne pas le regard. À Clermont-Ferrand, Musiques Démesurées transforme la ville en territoire de résistance artistique, avec un message aussi fort que ses compositions : défendre les libertés, visibiliser les femmes compositrices et questionner notre rapport au vivant.
Ce qu'il se passe à Clermont-Ferrand
Depuis le 18 avril et jusqu'au 26, Clermont-Ferrand vibre au rythme de Musiques Démesurées. Cette 27e édition du festival de musique contemporaine affiche une ligne artistique résolument engagée, inspirée par le slogan iranien "Femme, vie, liberté" — devenu un symbole mondial d'émancipation et de résistance.
La programmation a été confiée au compositeur espagnol Mikel Urquiza, en résidence à Clermont-Ferrand pour les saisons 2025 et 2026. Sa carte blanche prend la forme d'un geste artistique et politique assumé. "Femme, vie, liberté. Ces trois mots sont devenus un cri de justice universel", explique-t-il. "Ils traversent cette édition comme des fils rouges, à travers des musiques imaginées par des femmes, des œuvres qui interrogent notre rapport au vivant et des artistes engagés pour les libertés fondamentales."
Au total, le festival propose :
- 21 concerts tous publics
- 9 rendez-vous jeune public
- 16 concerts en itinérance (dont certains à vélo !)
- 7 créations mondiales
- 3 installations sonores
- Des rencontres et conférences
Les lieux investis : Le Lieu-Dit (cœur battant du festival), la Chapelle des Cordeliers, le Conservatoire Emmanuel-Chabrier, l'ESACM, l'église Saint-Genès-les-Carmes, la Maison de la Culture, et même La Griffe à Ceyrat.
Pourquoi c'est important dans le Puy-de-Dôme
Musiques Démesurées ne se contente pas de proposer des concerts. Le festival transforme Clermont-Ferrand en un espace de réflexion collective sur des enjeux contemporains majeurs : la place des femmes artistes, les droits humains, notre relation au vivant.
Pour le territoire auvergnat, c'est une manifestation culturelle qui rayonne bien au-delà des frontières locales. Elle attire des artistes internationaux, valorise la création contemporaine et ancre Clermont-Ferrand dans le paysage des festivals engagés en France.
Le choix du slogan "Femme, vie, liberté" — issu des mouvements féministes kurdes et repris lors des manifestations iraniennes de 2022 — donne une dimension politique forte à l'événement. Dans un contexte mondial où les libertés fondamentales sont régulièrement menacées, ce type d'engagement artistique fait écho aux préoccupations d'une partie du public.
La billetterie solidaire (entre 5 et 15 euros, gratuit pour les moins de 18 ans) permet également une accessibilité large, démocratisant l'accès à la musique contemporaine, souvent perçue comme élitiste.
Ce que l'on sait précisément
Le thème : "Femme, vie, liberté", inspiré du cri de ralliement iranien devenu symbole mondial.
La programmation :
- 60 compositeurs programmés, dont 43% sont des femmes (26 compositrices)
- 50 artistes interprètes invités, dont 54% sont des femmes (27 interprètes)
Le commissaire artistique : Mikel Urquiza, compositeur espagnol en résidence à Clermont-Ferrand.
Les dates : du 18 au 26 avril 2026.
Les lieux : une douzaine de sites à Clermont-Ferrand et dans la métropole, dont Le Lieu-Dit, la Chapelle des Cordeliers, le Conservatoire, la Maison de la Culture, et même des concerts itinérants à vélo.
La tarification :
- Pass festival : 40 €
- Tarifs solidaires à l'unité : de 5 à 15 € (chacun choisit selon ses moyens)
- Gratuit pour les moins de 18 ans
Les formats : concerts classiques, créations mondiales, installations sonores, rencontres, actions culturelles, concerts jeune public, et même des événements itinérants comme "Le Tourneur de sons".
Les femmes au cœur de la scène
C'est l'un des axes forts de cette édition. Longtemps invisibilisées dans l'histoire de la musique contemporaine, les compositrices occupent enfin le devant de la scène. Avec 43% des compositeurs programmés et 54% des interprètes, Musiques Démesurées rééquilibre les projecteurs.
Un choix artistique fort de Mikel Urquiza, qui traduit une volonté de "rééquilibrer les récits et de donner toute leur place aux voix féminines". Parmi les moments phares : le concert "Sempre Libera" le 19 avril à 16 heures à la Chapelle des Cordeliers par le Quatuor Demian.
Cette mise en lumière s'inscrit dans une dynamique plus large de reconnaissance des artistes femmes, encore sous-représentées dans le monde de la création musicale.
Un festival qui bouscule les codes
Musiques Démesurées ne se limite pas aux salles de concert. Le festival investit la ville de manière inédite, avec des concerts itinérants… parfois même à vélo. Cette volonté d'aller au plus près des habitants et des territoires donne au festival une dimension populaire et accessible.
Autre marque de fabrique : la billetterie solidaire. Chaque spectateur peut choisir son tarif entre 5 et 15 euros, selon ses moyens. Une démarche qui vise à lever les barrières financières et à ouvrir la musique contemporaine à tous les publics.
Le compositeur Mikel Urquiza résume l'esprit du festival : "Le penchant politique n'enlèvera rien au côté lumineux du festival : il promet au contraire des moments d'intensité, d'émotion et d'étonnement."
Le festival se poursuit jusqu'au 26 avril. Les habitants de Clermont-Ferrand et les visiteurs peuvent encore profiter de la programmation complète, disponible sur musdem.fr.
Au-delà de la musique, Musiques Démesurées pose une question essentielle : quel rôle l'art peut-il jouer dans les grandes luttes contemporaines ? En choisissant le slogan "Femme, vie, liberté", le festival affirme que la création artistique ne se détourne pas des enjeux politiques et sociaux.
Cette 27e édition marquera-t-elle un tournant dans l'histoire du festival ? Les prochaines années le diront. Une chose est sûre : à Clermont-Ferrand, la musique contemporaine ne se contente plus d'être écoutée. Elle prend position.