ÊTRE INFIRMIÈRE EN 2023, C’EST COMMENT ?
« Je fais pas ça pour qu’on m’applaudisse et qu’on me remercie. C’est pas le sujet, mais enfin un minimum en fait, le respect. Je pense que c’est le reflet de notre société ! »
Cassandra – Bonjour, moi c’est Cassandra. Je suis infirmière au Centre Médical Infantile à Romagnat, et aujourd’hui je suis sur En Vrai pour vous parler de mon métier.
En Vrai – La médecine, ça en est où ?
C – Je pense que la médecine a évolué. Certes, le métier a évolué aussi. Quand j’entends mes collègues qui ont 20 ans d’expérience et qui se plaignent un peu de ce que ça devient, je peux le comprendre parce que moi rien qu’en sept ans, je trouve que, voilà, ça a évolué pas forcément dans le bon sens. Je pense que c’est vraiment le reflet de notre société, en fait, l’hôpital. Et du coup, ça devient très individualiste. On perd un peu les notions de respect, d’empathie et je trouve ça très dommage. Après, je ne veux pas faire de généralité hein. C’est comme pour tout. Mais voilà, je pense que des petits sourires, des petits « merci ». Je fais pas ça pour qu’on m’applaudisse et qu’on me remercie, c’est pas le sujet, mais enfin un minimum en fait, le respect vraiment… Nous, nos patients nous le disent hein si on rentre avec le sourire ou pas, ils sont contents, voilà, de voir quelqu’un. Si j’arrive et que je tire une tête de trois kilomètres, je pense que voilà, ils vont se dire « ok c’est bon ».
EV – Tu taffes beaucoup en tant qu’infirmière ?
C – Quand on est investi dans son travail, ça prend beaucoup de temps. Concrètement, normalement, je travaille 8h par jour, mais après, bien sûr, on fait des heures supplémentaires. Après, tout dépend de l’investissement qu’on met dans son travail. Mais c’est vrai que moi, j’aime vraiment ce que je fais et du coup, on va dire que je ne compte pas forcément mes heures.
EV – Une anecdote marquante ?
C – On avait un jeune donc polyhandicapé. Du coup, en état végétatif donc pour les « moldus » *rires*, entre guillemets. C’est vraiment une personne non communicante, alitée, qui peut pas se lever, etc. Vraiment, on n’avait pas du tout de communication verbale avec lui. Il est arrivé le jour de son anniversaire, donc, avec mes collègues, voilà, on s’était un peu déguisés. On avait mis un petit chapeau, et il était d’origine maghrébine et du coup, on s’est mises à chanter, en fait, en arabe « Joyeux anniversaire » ! Et là en fait, il s’était mis à pleurer. Nous on l’a vraiment pris comme ça et c’était, c’était trop bien, c’était un très beau moment. Et la maman, quand on lui a raconté, pareil, elle s’est mise à pleurer. Elle était hyper émue.
Stagiaire Rédac'