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Déserts médicaux en Auvergne : entre loi polémique, colère des étudiants et territoires oubliés

Déserts médicaux en Auvergne : entre loi polémique, colère des étudiants et territoires oubliés

Publié le 6 mai 2025
Temps de lecture : 2 minutes

Déserts médicaux en Auvergne : entre loi polémique, colère des étudiants et territoires oubliés

En Auvergne (comme partout en France), l’accès aux soins devient un vrai parcours du combattant. Pour répondre à la crise des déserts médicaux, une proposition de loi veut réguler l’installation des nouveaux médecins. Mais sur le terrain, ça coince : entre jeunes praticiens furieux, habitants en détresse et élus en panique, la pilule ne passe pas. De ce postulat nous sommes partis poser la question aux auvergnats dans les rues de Clermont-Ferrand.

❓ Un désert médical, c’est quoi au juste ?

C’est une zone où l’offre de soins est insuffisante, notamment en médecine générale. Officiellement, on parle de zones sous-denses.

👉 En gros : pas assez de toubibs, trop de patients, et des délais à rallonge pour un simple certificat médical.

Selon la DREES ( Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), certaines communes rurales comptent entre 1,22 et 1,88 médecins pour 1 000 habitants.

🦌 Pour donner une idée, il y a parfois plus de sangliers par habitant que de médecins par commune…

 L’Auvergne dans le rouge

C’est pas qu’on veut dramatiser, mais… c’est la mouise . 🚨

Selon une étude toute fraîche de l’Insee (2024), 15,1 % des habitants d’Auvergne-Rhône-Alpes vivent dans une commune sous-dotée en médecins généralistes. En 2015, c’était “que” 11,9 %. Donc oui, ça empire.

Et en zoomant sur l’Auvergne ? 🕵️‍♂️

📍 Toujours d’après l’Insee :

– Dans l’Allier, 22,1 % des gens vivent dans une zone sous-dotée. Et niveau consultations ?  3,1 par an.

– En Haute-Loire, c’est 18 % des habitants dans le rouge, avec une moyenne de 3,5 consultations par an.

– Et dans le Puy-de-Dôme, pourtant plus “central”, on a quand même 11,7 % des habitants dans des zones sous-dotées, avec 3,9 consultations annuelles en moyenne.

🧾 L’Insee appelle ça l’APL – Accessibilité Potentielle Localisée.

 En ville, les gens ont accès à 4,4 consultations par an. À la campagne ? À peine 3,1.

Conclusion : moins y’a de bouchons, plus t’attends ton toubib.

🎯 Résultat : pendant que les métropoles gardent leurs médecins comme des cartes Pokémon rares, les villages espèrent juste une ordonnance avant la prochaine pleine lune.

 Image d’illustration

Pourquoi les médecins désertent ces zones ?

  •  Départs en retraite non remplacés Départs en retraite non remplacés
  •  Attractivité des villes : vie sociale plus dynamique, services à proximité, équipements plus modernes… 👉 Bonus coffee shop à tous les coins de rue. Attractivité des villes : vie sociale plus dynamique, services à proximité, équipements plus modernes… 👉 Bonus coffee shop à tous les coins de rue.
  •  Statut libéral difficile en milieu rural : gérer un cabinet seul, loin de ses proches, avec peu de remplaçants, ça peut paraître décourageant… Statut libéral difficile en milieu rural : gérer un cabinet seul, loin de ses proches, avec peu de remplaçants, ça peut paraître décourageant…
  • Vie perso compliquée : ce n’est pas toujours évident de convaincre son ou sa partenaire, ou même ses enfants, de quitter leur cadre de vie pour s’installer dans une zone moins bien desservie ou plus isolée. 💔Vie perso compliquée : ce n’est pas toujours évident de convaincre son ou sa partenaire, ou même ses enfants, de quitter leur cadre de vie pour s’installer dans une zone moins bien desservie ou plus isolée. 💔

 Ce que propose la loi Garot

Déposée par le député Guillaume Garot, la proposition de loi veut réguler l’installation des médecins.

Objectif : rééquilibrer l’accès aux soins sur l’ensemble du territoire.

Concrètement : un jeune médecin ne pourrait s’installer dans une zone bien dotée que s’il remplace un médecin partant. Il devra obtenir l’accord du directeur général de l’ARS (Agence régionale de santé).

📅 Le texte est attendu pour examen à l’Assemblée nationale les 6 et 7 mai 2025. 

👉 Fini la liberté totale d’installation. Et ça, forcément… ça crispe.

Un texte qui ne passe pas

Le 29 avril, étudiants et médecins ont manifesté dans toute la France : à Paris, Lille, Marseille, mais aussi Clermont-Ferrand, où la colère est montée d’un cran.

“Je suis médecin. Je ne suis pas pour cette réforme, parce qu’on a déjà des études assez difficiles. Ce n’est pas en nous envoyant dans des déserts médicaux, où on ne sera pas bien formés, que ce sera une bonne chose pour les médecins et les patients. Il faudrait plutôt que les gens soient mieux formés pendant leurs études, et ne pas forcer les gens à y aller. Parce que quand on force les gens, ça n’aboutit à rien.” déclare une professionnelle. 

“Je vais manifester tout à l’heure pour la liberté d’installation et le droit des internes. Je pense qu’on a fait des études compliquées et que chacun a le droit à la liberté d’installation. Même si, certes, il faut peupler les déserts médicaux, c’est triste à dire, mais chacun a le droit à sa liberté.” conclut une étudiante en médecine. 

 Et les contre-propositions du gouvernement ?

 Plutôt que la contrainte, l’exécutif mise sur l’incitation :

  1. Cumul emploi-retraite facilité Adoptée au Sénat, cette mesure permet aux médecins retraités de continuer à exercer sans limite de revenus, afin de combler les manques, notamment dans les zones en tension.Cumul emploi-retraite facilité Adoptée au Sénat, cette mesure permet aux médecins retraités de continuer à exercer sans limite de revenus, afin de combler les manques, notamment dans les zones en tension.
  2. Maisons de santé pluridisciplinaires Un modèle où plusieurs soignants (kinés, infirmiers, pharmaciens, médecins) partagent un local, des frais… et un café entre deux patients. 😉 Maisons de santé pluridisciplinaires Un modèle où plusieurs soignants (kinés, infirmiers, pharmaciens, médecins) partagent un local, des frais… et un café entre deux patients. 😉 
  3. Consultations de solidarité Proposées par Frédéric Valletoux, député et ancien président de la Fédération hospitalière de France, elles consistent à demander aux médecins d’assurer 2 jours par mois dans des zones en tension. Consultations de solidarité Proposées par Frédéric Valletoux, député et ancien président de la Fédération hospitalière de France, elles consistent à demander aux médecins d’assurer 2 jours par mois dans des zones en tension.

Mais là encore, ça bloque.

“ On nous envoie au front sans moyens “, dénonce le syndicat ReAGJIR dans des propos rapportés par France Info. Il alerte sur un effet repoussoir : à force de contraintes, certains redoutent une chute des vocations.

 Mais certains soutiennent la régulation

“Ça nous faciliterait la vie. Moi, je vis à la campagne. C’est vrai que c’est compliqué pour nous. J’ai un médecin qui est en semi-retraite : il travaille trois fois par semaine pour ses patients, il fait un effort. Mais ce serait bien que les jeunes essaient aussi de s’intégrer dans les campagnes, ce serait sympa” suggère une mère de famille habitant à la campagne. 

Pour les partisans de la régulation :

– C’est un moyen de réduire les inégalités territoriales en matière de santé.

– Cela permettrait de mieux répartir les médecins sur tout le territoire, plutôt que de concentrer les installations en ville.

Quelles solutions concrètes ?

Pas de remède miracle, mais quelques pistes émergent du terrain et des propositions parlementaires :

  • Primes à l’installation dans les zones rurales 💶 Primes à l’installation dans les zones rurales 💶 

Offrir une aide financière significative à ceux qui acceptent de s’installer dans des territoires en tension. 

  •  Création de maisons de santé modernes et bien équipées 🏥 Création de maisons de santé modernes et bien équipées 🏥

Avec du matériel partagé, du lien social, un secrétariat commun… bref, tout ce qu’il faut pour ne pas bosser en ermite.

  • Téléconsultations encadrées 📲Téléconsultations encadrées 📲

Pour désengorger les urgences et permettre un suivi dans des zones isolées. Encore faut-il que la connexion 4G suive…

  •  Mentorat et accompagnement des jeunes médecins 🧑‍⚕️ Mentorat et accompagnement des jeunes médecins 🧑‍⚕️

Coaching sur la gestion du cabinet, mise en réseau avec d’autres pros de santé, aides administratives… Parce que la paperasse, ça ne soigne personne.

Et pourquoi pas des campagnes de com’ décalées ? 👉 « Deviens médecin de campagne : tu sauveras des vies… et tu croiseras des vaches plus souvent que des bouchons. »

En Bref 

Les déserts médicaux, ce n’est pas juste un problème de carte ou de planning. C’est une question d’équité, de territoire, et d’accès aux droits fondamentaux.

Faut-il forcer les jeunes médecins à s’installer dans les campagnes ? Ou mieux les accompagner pour qu’ils en aient envie ?

👉 En attendant la réponse… certains se soignent encore au pastis, comme papy.

Rédactrice : AMBRE 

Sources : Public Sénat, DREES, La Montagne, Le Parisien, Insee

Crédit photos : pxhere

Mano Rédacteur

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