UN COURT-MÉTRAGE CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES
« On essaie quand même de s’habiller comme on veut, mais on sait que si on s’habille assez court, si l’on met une tenue assez spéciale, on va subir des critiques ! »
Lucie Villevaud – Salut, c’est Lucie Villevaud. Je suis aujourd’hui sur En Vrai pour parler des violences faites aux femmes.
En Vrai – Parle-nous de toi et de ton projet.
LV – Donc dans la vie, je fais un BTS Communication et je m’investis en parallèle à la Fédération des Étudiants d’Auvergne, donc en tant que bénévole. L’année dernière, dans mon service civique à la Fédération des Étudiants d’Auvergne, j’ai réalisé un court métrage sur les violences sexistes et sexuelles dans le cadre des soirées étudiantes.
EV – Pitche, nous le film !
LV – C’est Éléna qui est étudiante à la Fac à Clermont-Ferrand avec tous ses amis et son copain. Comme presque tous les week-ends, ils décident de se réunir pour une soirée. Elle s’isole pour aller chercher une commande. Et donc, Gabriel, qui est un ami d’Éléna, descend et cherche à l’agresser sans son consentement. Ensuite, il y a un aspect temporel qu’on a voulu apporter. Montrer le lendemain que justement l’agresseur n’avait aucun remords et qu’à côté la victime était dans une phase de reconstruction et de tristesse.
EV – Quel est ton objectif à travers ce film ?
LV – Donc, il a été réalisé dans le but de sensibiliser les étudiants aux violences sexistes et sexuelles, et aussi légitimer les émotions des victimes, de libérer la parole. Ça arrive de plus en plus dans des cercles privés et même pas forcément avec des gens qu’on ne connaît pas, c’est souvent des amis, ou alors des amis d’amis, etc. Et c’est très souvent dans le cercle privé.
EV – Si t’avais une réforme à proposer ?
LV – Une fois par semaine, en cours à la fac ou au collège, vraiment dans toutes ces structures-là, une fois par semaine, faire un cours justement sur ces violences, parce qu’il y a tellement de choses à dire. Il y a plein de choses à revoir et même que moi, en tant que réalisatrice de ce court métrage, je ne connais même pas. Donc voilà, c’est une fois par semaine, faire un atelier d’une heure ou deux justement, pour parler des violences sexistes et sexuelles, de la notion du consentement, de l’éducation à la sexualité, etc. Et aussi parler de la notion de consentement parce qu’il y a un gros problème d’interprétation dans notre société et je pense que c’est ce qui bloque aujourd’hui.
EV – C’est quoi être une femme en 2022 ?
LV – Pour moi être une femme, c’est par exemple ne pas pouvoir rentrer seule le soir. Je sais qu’avec mes copines on aimerait toute juste rentrer seule le soir avec notre musique, mais on sait qu’on ne peut pas le faire parce que c’est trop dangereux. Justement, c’est faire attention avec qui on reste en soirée, c’est faire attention à notre verre, on essaie de s’habiller quand même, de s’habiller comme on veut mais on sait que si on s’habille assez court, si on met une tenue assez spéciale, on va subir des critiques.
EV – Tu as un message à transmettre aux victimes ?
LV – Premièrement, à la Fédération des Étudiants d’Auvergne. On a un plan de défense des droits qui est très actif et justement qui permet d’aider, d’accompagner les victimes dans leurs démarches vis-à-vis de psychologues au sein de l’université et il y a aussi le collectif « Nous Toutes », dont j’avais parlé, qui vise justement à lutter contre ces violences.
EV – Un Last Mot ?
LV – Sachez que vous n’êtes pas seules et qu’en parler fera avancer les choses de votre côté, mais aussi dans la société. Il ne faut vraiment pas hésiter à en parler dans votre cercle privé, mais aussi dans le cercle un peu plus large, c’est-à-dire aller porter plainte pour que les agresseurs justement ne recommencent pas ce genre de choses.
Stagiaire Rédac'