Ingénieur de maturation à Clermont Auvergne Innovation, docteur de l'UCA et lauréat du concours i-PhD 2025, Aldo Borjas développe BioSAP : un superabsorbant biodégradable chargé de biostimulants naturels pour aider les plantes à résister à la sécheresse. Une innovation deeptech au service d'une agriculture résiliente, née dans les laboratoires clermontois.
Des molécules d'algues pour parler aux plantes
Tout part d'une observation : certaines molécules issues d'algues ou de champignons peuvent agir comme des signaux d'alerte pour les plantes. En les percevant comme une légère agression, les végétaux activent leurs défenses internes, se préparent au stress. Aldo Borjas, chercheur au laboratoire GDEC de l'Université Clermont Auvergne, a passé plusieurs années à cartographier et exploiter ce phénomène.
Sa thèse, soutenue en 2025, franchit une étape supplémentaire : il combine ces biostimulants avec un matériau superabsorbant 100 % biosourcé, capable de stocker l'eau dans le sol et de la diffuser progressivement. Le résultat s'appelle BioSAP : une technologie hybride qui améliore simultanément la disponibilité en eau et la résistance physiologique des plantes.
L'i-PhD 2025, un tournant stratégique
En 2025, Aldo Borjas remporte le concours i-PhD, programme national dédié aux jeunes chercheurs-entrepreneurs. Ce tremplin lui offre un an d'accompagnement stratégique, l'accès à des experts du transfert technologique et à un réseau deeptech mobilisé par Bpifrance et Clermont Auvergne Innovation.
L'objectif : transformer une découverte de laboratoire en solution commercialisable à grande échelle. Les prochaines étapes incluent des collaborations avec des coopératives agricoles, des pépiniéristes et des agriculteurs pour valider BioSAP en conditions réelles, et l'exploration de voies de production industrielle.
Une vision claire : moins d'eau, moins de chimie
Face aux sécheresses de plus en plus fréquentes et à la pression réglementaire sur les intrants chimiques, BioSAP répond à un double défi : économiser l'eau, renforcer les défenses naturelles. Un enjeu massif pour l'agriculture française et mondiale.
« L'entrepreneuriat, c'est pour moi un monde différent mais parallèle à la recherche, voire qui vient l'enrichir. Cela permet de s'interroger sur le potentiel de valorisation de son sujet de thèse, et d'avoir les bons outils pour le faire. »