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Cathédrale de Clermont : chantier titanesque de 20M€​

Cathédrale de Clermont : chantier titanesque de 20M€​

Publié le 17 mai 2026
Temps de lecture : 6 minutes

La cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Clermont-Ferrand entre dans un vaste programme de restauration de plus de 20 millions d'euros. Les travaux, lancés depuis quelques mois, vont s'étaler sur une dizaine d'années. Première étape : mettre hors d'eau cet édifice gothique du XIIIᵉ siècle, fragilisé par le temps et les infiltrations. Bonne nouvelle : la cathédrale reste ouverte au public.

La cathédrale de Clermont-Ferrand, ce géant gothique de pierre noire qui veille sur la ville depuis le XIIIᵉ siècle, se refait une beauté. Échafaudages, bâches blanches, base-vie : le chantier a démarré. Objectif : 20 millions d'euros de travaux sur dix ans pour protéger ce monument historique des infiltrations d'eau et du poids des siècles. Et non, la cathédrale n'est pas en péril, promis.

Ce qu'il se passe à Clermont-Ferrand

Depuis quelques mois, la cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption, en plein centre de Clermont-Ferrand, s'est parée de bâches blanches et d'échafaudages impressionnants. Un chantier monumental a démarré, visible depuis la place de la Victoire et la place de la Bourse.

Un bâtiment de chantier imposant a même été installé : 400 mètres carrés au sol, sur trois étages, pour accueillir le personnel dans de bonnes conditions. Des échafaudages qui pèsent leur poids : 200 tonnes déjà posées rien que pour accéder à la flèche nord.

Ce vaste programme de restauration est piloté par la Direction régionale des affaires culturelles Auvergne-Rhône-Alpes (DRAC). Il vise à préserver durablement cet édifice gothique du XIIIᵉ siècle, classé monument historique depuis 1862 et propriété de l'État depuis 1905.

L'architecte en chef des monuments historiques, Rémi Fromont, est aux commandes. Depuis 2017, des études ont permis d'établir un programme de travaux pluriannuel pour assurer la mise hors d'eau de la cathédrale et la restauration complète de ses couvertures sur une dizaine d'années.

Pourquoi c'est important dans le Puy-de-Dôme

La cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption, c'est LE monument emblématique de Clermont-Ferrand. Avec ses flèches qui culminent à 96 mètres et sa pierre de lave noire volcanique (la pierre de Volvic), elle est reconnaissable entre mille.

Chaque année, elle accueille environ 400 000 visiteurs. C'est un lieu de culte, un point de repère architectural, un symbole patrimonial pour toute l'Auvergne.

Mais voilà : après plus de 700 ans d'existence, les infiltrations d'eau, l'usure du temps et les intempéries ont fragilisé certaines parties de l'édifice. Des peintures médiévales s'abîment, des toitures laissent passer l'eau, des maçonneries se dégradent.

Ces travaux sont donc essentiels pour préserver ce patrimoine exceptionnel, l'un des plus beaux exemples d'architecture gothique en France. Sans intervention, la dégradation pourrait s'accélérer.

Et contrairement à certaines rumeurs, la cathédrale n'est pas en péril, insiste la préfète Anne Frackowiak-Jacobs. "C'est une vieille dame qui a besoin de soins constants. Certains discours ont exagéré la situation : tout n'est pas dégradé, mais il est normal qu'un édifice de cet âge nécessite des travaux."

Ce que l'on sait précisément

Un chantier en trois phases sur 10 ans

Le programme de travaux, estimé à plus de 20 millions d'euros, se déploie en trois grandes phases :

Phase 1 (en cours) : mise hors d'eau du massif occidental

  • Budget : 8,2 millions d'euros, financés par l'État dans le cadre du plan de relance.
  • Durée : 18 mois, avec une fin prévue au début du second semestre 2027.
  • Objectifs :
    • Garantir l'étanchéité des parties hautes (toitures, flèches).
    • Améliorer les conditions d'intervention des pompiers (création de planchers d'accès, installation de colonnes sèches).
    • Renforcer la sécurité incendie avec des caméras thermiques, dans le cadre du "plan de sécurité des cathédrales" renforcé après l'incendie de Notre-Dame de Paris en 2019.
    • Mettre en place une instrumentation pour le suivi des fissures.

Phase 2 : restauration des couvertures de la nef et du transept

Calendrier et budget à préciser.

Phase 3 : restauration des couvertures des bas-côtés

Calendrier et budget à préciser.

Des travaux spectaculaires en hauteur

Les interventions se font jusqu'à 45 à 50 mètres de hauteur, dans des espaces très contraints. À l'intérieur des flèches, qui paraissent immenses vues de l'extérieur, les volumes sont en réalité très étroits.

"Nous travaillons dans la chambre du beffroi, un espace creux qui peut atteindre plusieurs dizaines de mètres de haut, avec parfois seulement quelques centimètres pour manœuvrer", explique Rémi Fromont.

Les couvreurs déposent actuellement les anciennes couvertures en plomb. Ensuite viendront la restauration des charpentes des beffrois, la reprise de certaines maçonneries fragilisées, puis la pose de nouvelles couvertures... en plomb.

Pourquoi du plomb ?

Le plomb n'est pas interdit sur les monuments historiques. "C'est même le matériau le plus adapté dans ce cas", précise Rémi Fromont. "Il est très malléable, ce qui permet de couvrir des formes complexes, et surtout très durable : une couverture peut durer entre 100 et 150 ans, voire davantage. Les alternatives comme le zinc ou le cuivre ont une durée de vie plus courte."

Des protocoles stricts sont mis en place pour protéger les équipes : suivi des niveaux de plomb, contrôles réguliers, installations adaptées, zones spécifiques dans la base vie.

La cathédrale reste ouverte

Bonne nouvelle pour les visiteurs et les fidèles : la cathédrale reste ouverte pendant toute la durée des travaux. Le culte est maintenu, les accès et les sorties de secours sont conservés.

"Les seules nuisances sont liées au bruit, comme sur tout chantier", assure l'architecte. "Les interventions s'effectuent exclusivement hors des espaces accessibles au public."

Calendrier de la phase 1

  • Depuis décembre 2025 : pose des échafaudages, début des travaux.
  • À partir de mai 2026 : travaux sur le massif occidental.
  • Juin 2026 : travaux sur la flèche sud.
  • Début du second semestre 2027 : fin prévue de la phase 1.

Ce qui est déjà visible

  • Une exposition installée sur les palissades, organisée par la DRAC, consacrée à l'histoire de la cathédrale. Une seconde partie présentera bientôt les travaux en détail.
  • Des échanges réguliers avec les guides-conférenciers de l'office de tourisme pour informer les visiteurs de l'avancée du chantier.

La principale difficulté

"Le respect du monument", explique Rémi Fromont. "Une bonne restauration doit être discrète : il faut corriger les pathologies sans transformer le bâtiment. Le résultat ne doit pas paraître artificiel ou trop neuf. C'est un travail très subtil, presque invisible."

Un chantier monumental, pour une vieille dame qui mérite qu'on prenne soin d'elle.

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