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Épiceries de nuit à Clermont-Ferrand : fermeture à 22h obligatoire, "on a des nuits plus apaisées"

Épiceries de nuit à Clermont-Ferrand : fermeture à 22h obligatoire, "on a des nuits plus apaisées"

Publié le 11 mai 2026
Crédit photo : @VilleClermontFerrandTemps de lecture : 6 minutes

Depuis plusieurs mois, les épiceries de nuit des quartiers Fontgiève et Charras à Clermont-Ferrand doivent baisser le rideau à 22 heures. Une mesure drastique prise par la préfecture du Puy-de-Dôme et la mairie pour lutter contre les nuisances, la consommation excessive d'alcool et les troubles à l'ordre public. Un changement qui divise, mais qui commence à porter ses fruits selon les riverains.

Fini les va-et-vient de grosses berlines après minuit. Fini les attroupements nocturnes bruyants devant les épiceries. À Clermont-Ferrand, les autorités ont décidé de reprendre la main sur certains quartiers du centre-ville où les nuits étaient devenues invivables pour les habitants. Depuis l'automne 2025, deux arrêtés — préfectoral et municipal — imposent des restrictions strictes aux commerces de nuit : fermeture obligatoire à 22 heures, interdiction de vendre de l'alcool dès 20 heures. Des mesures renforcées par des contrôles réguliers menés conjointement par la police nationale et la police municipale.

Ce qu'il se passe à Clermont-Ferrand

Le mercredi 6 mai 2026, Anne Frackowiak-Jacobs, préfète du Puy-de-Dôme, et Julien Bony, maire de Clermont-Ferrand, se sont rendus sur le terrain pour une opération de contrôle dans les quartiers de Fontgiève, Gaillard, Sainte-Claire et l'avenue Charras. Accompagnés d'une vingtaine de policiers nationaux et municipaux, ils ont vérifié que les épiceries de nuit respectent bien les nouveaux horaires imposés.

Les règles sont claires : fermeture à 22 heures, interdiction de vente d'alcool à emporter entre 20 heures et 8 heures du matin. Deux périmètres sont concernés : le secteur Fontgiève et celui de la gare SNCF, de l'avenue Carnot à la rue Niel en passant par l'avenue Charras.

Lors de cette opération, aucune infraction n'a été constatée. Mais l'objectif était surtout de montrer la présence des forces de l'ordre et de marquer les esprits. Depuis le début de l'année 2026, trois épiceries de nuit ont déjà subi une fermeture administrative pour non-respect des horaires, vente d'alcool tardive, vente illégale de tabac de contrebande et infractions au droit du travail.

Pourquoi c'est important dans le Puy-de-Dôme

Ces mesures répondent à une problématique bien réelle dans le centre-ville de Clermont-Ferrand : nuisances sonores, consommation d'alcool sur la voie publique, regroupements nocturnes parfois violents, voire trafics en tout genre. Des quartiers entiers étaient devenus des points chauds où les riverains ne dormaient plus.

Rue Sainte-Claire, près de la place Gaillard, une habitante témoigne : "Depuis l'ouverture d'une épicerie de nuit à côté de chez nous, c'est devenu un enfer. Des va-et-vient constants de voitures qui bloquent la rue, des clients qui n'ont rien à voir avec des épiceries classiques, des nuisances sonores en permanence."

Pour Julien Bony, maire LR de Clermont-Ferrand élu récemment, il s'agit de sécuriser la ville : "La consommation excessive d'alcool est souvent la cause d'agressions, de violences et de troubles à l'ordre public. Notre responsabilité est d'agir. En matière de sécurité, nous n'aurons pas la main qui tremble."

Anne Frackowiak-Jacobs précise que ces arrêtés ne visent pas à entraver l'activité économique des commerces de proximité, mais à trouver un équilibre entre dynamisme commercial et qualité de vie. La préfète évoque aussi des manquements répétés aux règles d'hygiène, de la vente illégale de tabac, du travail dissimulé ou encore de la contrefaçon.

Ce que l'on sait précisément

  • Deux arrêtés en vigueur : un arrêté préfectoral impose la fermeture des épiceries de nuit à 22h, un arrêté municipal interdit la vente d'alcool à emporter entre 20h et 8h.
  • Deux périmètres élargis : Fontgiève / Gaillard / Sainte-Claire d'une part, et le secteur de la gare SNCF / avenue Charras d'autre part.
  • Trois fermetures administratives prononcées depuis le début de l'année 2026 pour non-respect des règles.
  • Des contrôles réguliers menés conjointement par la police nationale et municipale, avec des patrouilles visibles le soir et la nuit.
  • Des infractions constatées lors des contrôles : hygiène non respectée, vente illégale de tabac, travail dissimulé, absence de vidéoprotection conforme, contrefaçon.

Les contrôles vont se poursuivre dans les prochaines semaines. D'autres fermetures administratives sont attendues dans les mois à venir, selon la préfecture.

La mairie et la préfecture surveillent également l'évolution de la situation dans d'autres quartiers pour éviter un simple déplacement du problème.

Xavier Gibold, pharmacien et porte-parole de l'association des riverains du quartier de la gare, se félicite des résultats : "Une fois que les règles ont été réellement appliquées, on a retrouvé un calme nocturne classique. Plus de voitures qui tournent, plus de trottinettes dans tous les sens, plus de gens alcoolisés qui restent dans les rues."

Pour Anaïs, qui quittait justement le quartier Fontgiève en déménageant au moment des contrôles, le changement est perceptible : "Ce n'est pas flagrant la semaine, mais il y a moins de bruit le week-end."

Reste à savoir si cette nouvelle doctrine de fermeté, portée par la nouvelle majorité municipale, tiendra sur la durée. Le bras de fer avec certains commerçants est loin d'être terminé.

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