Au collège Gerbert d'Aurillac, un professeur de mathématiques a diffusé le film Scream 7 à sa classe de 4e le 1er avril. Le chef d'établissement le maintient en poste.
Le 1er avril, une classe de 4e du collège privé Gerbert à Aurillac a visionné le film d'horreur Scream 7 pendant deux heures de cours de mathématiques. Alertée par sa fille, une famille a contacté l'établissement. Le professeur reste en poste.
Un cours de maths transformé en séance ciné. Ce mercredi 1er avril, des collégiens d'Aurillac ont découvert Scream 7, film d'horreur interdit aux moins de 12 ans, diffusé par leur professeur pendant deux heures. Quand sa fille lui a raconté la scène, ce père de famille a d'abord cru à un poisson d'avril. Mais ce n'en était pas un.
Ce qu'il s'est passé à Aurillac
Le mercredi 1er avril 2026, dans la matinée, un professeur de mathématiques du collège privé Gerbert à Aurillac (Cantal) a diffusé le film Scream 7 à sa classe de 4e pendant deux heures de cours.
Selon le témoignage d'un père de famille rapporté par plusieurs médias, l'enseignant aurait annoncé à ses élèves : « Aujourd'hui, c'est séance ciné. » Il se serait ensuite rendu sur un site de streaming illégal pour lancer le film.
Scream 7, sorti fin février 2026, est le septième opus de la saga d'horreur américaine. Le film est interdit aux moins de 12 ans en raison de scènes violentes. Selon le témoignage du parent d'élève, sa fille lui a décrit des scènes explicites, notamment une actrice se faisant « éventrer ».
Pensant d'abord à un poisson d'avril, le père de famille a rapidement compris que l'incident était réel. « Je ne pouvais pas concevoir qu'un enseignant puisse montrer un film d'horreur, pendant son cours, sur un site illégal », a-t-il déclaré, encore estomaqué.
La réaction des familles et de l'établissement
Alerté par sa fille, le père de famille a contacté directement le professeur pour lui faire part de son incompréhension. Il s'est interrogé sur les raisons de cette diffusion, d'autant plus que le film n'avait aucun lien avec le programme scolaire de mathématiques.
La justification du professeur
Selon les informations disponibles, l'enseignant se serait justifié en évoquant l'accord explicite de ses élèves. Il aurait également expliqué vouloir les récompenser de leur travail.
Le professeur aurait également prévenu le parent d'élève qu'en cas de signalement au rectorat, il risquait d'être suspendu… mais non remplacé en raison de la pénurie d'enseignants en mathématiques.
La décision du chef d'établissement
Le chef d'établissement du collège Gerbert a été informé de l'incident. Selon les informations rapportées, il a décidé de maintenir le professeur en poste, reprenant en partie l'argumentaire de l'enseignant concernant la difficulté à le remplacer.
Aucune sanction disciplinaire n'a été confirmée à ce stade.
Pourquoi c'est important dans le Cantal
Un incident révélateur de tensions plus larges
Cet événement met en lumière plusieurs problématiques qui dépassent le cadre d'un simple incident scolaire :
1. La pénurie d'enseignants en mathématiques
La justification avancée par le professeur et reprise par le chef d'établissement — « difficile de le remplacer » — reflète une réalité bien connue : la pénurie de professeurs de mathématiques en France, particulièrement dans les zones rurales comme le Cantal.
Les établissements scolaires, publics comme privés, peinent à recruter dans cette discipline. Cette situation crée parfois un rapport de force déséquilibré, où certains enseignants peuvent se sentir « intouchables ».
2. L'utilisation de plateformes illégales
Au-delà du contenu du film, l'usage d'un site de streaming illégal en cours pose question. En tant qu'enseignant, le professeur est censé incarner un modèle de respect des lois et de la propriété intellectuelle. Utiliser un site de téléchargement illégal devant des adolescents envoie un message ambigu.
3. Le rôle éducatif et la protection des mineurs
Un film interdit aux moins de 12 ans peut être visionné par des élèves de 4e (généralement âgés de 13-14 ans). Toutefois, la diffusion d'un tel contenu en classe, sans préparation pédagogique, sans lien avec le programme et sans accord préalable des parents, soulève des questions éthiques et éducatives.
Certains élèves peuvent être choqués ou perturbés par des images violentes, même s'ils sont en âge légal de les voir. Le cadre scolaire impose une responsabilité particulière aux enseignants.
4. La gestion de l'incident par l'établissement
Le maintien en poste du professeur sans sanction apparente interroge sur la réactivité de l'établissement face à ce type d'incident. Le collège Gerbert, en tant qu'établissement privé sous contrat, reste soumis aux règles de l'Éducation nationale et doit garantir un cadre éducatif sécurisant.
Ce que l'on sait précisément
Voici les faits confirmés concernant cet incident :
✅ Date : Mercredi 1er avril 2026, dans la matinée ✅ Lieu : Collège privé Gerbert, Aurillac (Cantal) ✅ Classe concernée : 4e ✅ Matière : Mathématiques ✅ Film diffusé : Scream 7 (sorti fin février 2026, interdit aux moins de 12 ans) ✅ Durée : Deux heures de cours ✅ Moyen de diffusion : Site de streaming illégal ✅ Justification du professeur : « Accord des élèves » et « récompense pour leur travail » ✅ Décision de l'établissement : Le professeur reste en poste ✅ Alerte : Un parent d'élève a contacté le professeur et l'établissement
Pour les familles
Les parents d'élèves concernés peuvent, s'ils le souhaitent, saisir le rectorat pour signaler cet incident. En cas de manquement grave aux obligations professionnelles d'un enseignant, les familles ont le droit de demander une enquête administrative.
Ils peuvent également se tourner vers les associations de parents d'élèves (APEL, FCPE…) pour discuter collectivement de l'incident et décider d'une éventuelle démarche commune.
Pour l'établissement
Le collège Gerbert pourrait être amené à clarifier sa position publiquement, notamment si l'affaire prend de l'ampleur médiatiquement. Un rappel au règlement intérieur et aux bonnes pratiques pédagogiques pourrait être nécessaire.
Pour l'enseignant
Le professeur concerné reste en poste. Toutefois, si d'autres familles se manifestent ou si le rectorat ouvre une enquête, il pourrait faire l'objet d'une procédure disciplinaire. L'utilisation d'un site illégal en classe, à elle seule, constitue une faute professionnelle.
Un débat plus large
Cet incident relance un débat récurrent : jusqu'où va la liberté pédagogique des enseignants ? Peut-on diffuser n'importe quel contenu en classe sous prétexte de « récompenser » ou « détendre » les élèves ?
La pénurie de professeurs de mathématiques ne peut justifier une tolérance excessive face à des manquements déontologiques. Le cadre scolaire doit rester un espace sécurisé, respectueux des règles et protecteur pour les élèves.