ÉLODIE ARNOULD de passage à Clermont-Ferrand
« On a écrit trois minutes et on s’est prit un bide énorme ! Excès de confiance, on pensait que c’était facile ! »
Élodie Arnould – Bonjour, c’est Élodie Arnould. Je suis sur En Vrai pour vous parler de mon métier d’humoriste.
En Vrai – Comment une humoriste sait qu’elle est drôle ?
EA – En fait, pour tester des blagues, il faut des scènes ouvertes, parce que quand c’est un spectacle officiel dans un théâtre, les gens payent. Si tu testes et que c’est nul, tu vas te faire démonter. En plus, après, t’as des avis : « C’était très nul ». J’étais en train de travailler, de créer, tu vois, j’essayais quoi. Parce que c’est impossible de savoir, même après 5-6 ans, ce qui va être drôle ou pas drôle, il faut tester.
EV – Tu as toujours voulu monter sur scène ?
EA – Non, je n’y pensais pas du tout. Même le théâtre, je n’avais pas du tout, je ne connaissais pas. J’avais fait du théâtre en 5e, je trouvais ça chiant. Quand j’ai commencé à bosser en tant qu’ingénieur à Marseille, je me suis dit qu’il faut que je vois du monde en dehors du métier d’ingénieur et de mes collègues. Donc, j’ai commencé le théâtre d’impro et j’ai trouvé ça super cool. Enfin, un endroit où je peux être folle et où on ne va pas me dire : « Chut, t’es ingénieur ». Une fois par an, la prof faisait une impro en public et j’ai adoré. À partir de ce moment-là, je voulais qu’une chose, c’était retourner sur scène. J’ai écrit un sketch avec un autre élève du cours d’impro qui était aussi comme moi, qui a kiffé la scène et qui voulait monter sur scène. On s’est mis un défi de faire trois minutes parce qu’on s’est dit trois minutes ça va. C’est pas tu vois si c’est un bide, on pourrait le surmonter. Quand on est monté sur scène, ça s’est bien passé et du coup à partir de là on s’est dit : « Vous faites la semaine prochaine ? ». Et à partir de là, c’est parti.
EV – Quelques conseils pour les débutants ?
EA – Écrire sur des choses qui vous énervent, les blagues vont venir très vite. Pour moi, c’est comme ça, c’est des choses qui m’énervent, qui m’ont contrarié. Enfin, on n’écrit pas sur le bonheur. *rires* Si vous commencez une scène ouverte, écrire un très court temps, comme nous, on a fait trois minutes, c’est très bien. Parce que si ça marche, c’est cool, ça veut dire qu’on est sur la bonne voie et on peut essayer de faire un cinq minutes. Si c’est nul, ça s’arrête très vite et tant mieux. Donc, tu écris, tu montes sur scène, ça marche, ça ne marche pas, tu enlèves, tu gardes. C’est vraiment minutieux quoi ! Tu sculptes tes vannes, une par une. Moi, des fois, ça ne se joue à rien, à une virgule, à un mot, à une pause, une respiration. Donc, vraiment, n’hésitez pas !
EV – Peut-on en vivre ?
EA – Pour le coup, j’avais rencontré mon attaché de presse qui était venu par hasard à Lyon au Bui-Bui parce qu’il y a son artiste qui jouait juste avant moi. Donc, il est venu me voir et il a dit : « Ah c’est super, je vais t’aider ». Il m’a aidé à me faire mon showcase à Paris. Il a invité plein de producteurs, plein de gens du métier, des chaînes de télé, qui ont vu mon spectacle. La pression maximum en fait, après derrière j’ai eu des propositions de production et je suis arrivée avec une boîte de production, donc j’ai professionnalisé mon spectacle comme ça. Là, je suis une salariée, donc très bien, ça me va très bien d’être salariée.
EV – Les deux clés pour réussir ?
EA – S’entraîner le plus possible et après aller voir les professionnels, jamais hésiter.
EV – Un Last Mot ?
EA – Je suis à Clermont-Ferrand le 19 janvier 2022 à la Maison de la Culture et sinon, à partir du 18 septembre, je serai à l’apollo Théâtre pour mon spectacle une fois par semaine. Je crois que c’est le samedi !
Stagiaire Rédac'