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Capillum : la start-up clermontoise qui transforme vos cheveux en ressource mondiale

Capillum : la start-up clermontoise qui transforme vos cheveux en ressource mondiale

Publié le 19 mai 2026 par Hugo COUSSONNET

Née à Clermont-Ferrand il y a six ans, Capillum est aujourd'hui la première filière mondiale de recyclage des cheveux. En 2026, l'entreprise accélère sur tous les fronts : expansion internationale, lancement dans le textile et montée en puissance industrielle. Portrait d'une entreprise qui pousse comme jamais.

Un déclic étudiant devenu filière mondiale

Tout commence à l'ESC Clermont en 2018. James Taylor et Clément Baldellou, deux étudiants en école de commerce, s'interrogent sur une réalité méconnue : en France, 95 % des cheveux coupés dans les salons de coiffure finissent à la poubelle, puis sont incinérés. Soit environ 4 000 tonnes de déchets par an. Pourtant, le cheveu possède des propriétés remarquables : excellent isolant thermique, grande capacité à retenir l'eau, et capable d'absorber jusqu'à huit fois son poids en hydrocarbures.

En avril 2019, ils créent Capillum. L'idée est simple, le défi titanesque : construire une filière entière autour d'une matière que personne n'a encore pensé à valoriser à grande échelle.

6 000 coiffeurs partenaires et 20 tonnes de cheveux par mois

Six ans plus tard, les chiffres donnent le vertige. Capillum fédère aujourd'hui plus de 6 000 salons partenaires en France, en Belgique et au Luxembourg, avec un rythme d'adhésion de 100 à 200 nouveaux salons par semaine.

Depuis son site industriel de 1 000 m², installé sur l'emblématique friche Michelin Cataroux au cœur de Clermont-Ferrand, l'entreprise collecte et traite entre 15 et 20 tonnes de cheveux chaque mois.

Le produit phare de Capillum, la dalle de paillage 50x50 cm, conçue à base de cheveux et de laine recyclée, protège les jeunes arbres des aléas climatiques et joue même un rôle répulsif sur la faune sauvage. « On s'est rendu compte que notre paillage avait aussi un effet répulsif sur les sangliers et les cerfs », explique Clément Baldellou. En forêt, il aide ainsi à atteindre les objectifs nationaux de reboisement.

2026 : l'année de tous les accélérateurs

L'international, premier cap de l'année

En janvier 2026, Capillum franchit officiellement ses premières frontières en annonçant son expansion vers la Belgique et le Luxembourg.

Une doudoune rembourrée aux cheveux recyclés

Mais la grande surprise de 2026, c'est le textile. En avril, Capillum dévoile la première doudoune au monde rembourrée à partir de fibre capillaire : un mélange de cheveux recyclés et de laine de mouton, dont les propriétés isolantes surpassent celles d'un rembourrage 100 % laine, coton ou soie.

Deux ans de R&D ont été nécessaires pour mettre au point ce produit fabriqué en circuit court, en Auvergne-Rhône-Alpes, par une entreprise textile lyonnaise. Pour tester l'appétit du marché avant de passer à l'échelle industrielle, la start-up a lancé une campagne de précommandes sur Ulule, avec des prix entre 159 € (sans manches) et 199 € (modèle complet). Des pré-commandes d'entreprises et d'une équipe de football féminine sont déjà dans les cartons.

« Notre combat, c'est de faire en sorte que le cheveu puisse avoir une seconde vie, qu'il ne soit pas jeté et devienne, au contraire, une ressource », affirme James Taylor, CEO de Capillum.

Une entreprise solide, reconnue et ambitieuse

Capillum ne se contente pas de grandir vite. Elle grandit bien. L'entreprise a déposé cinq brevets sur ses technologies et dispose d'une ligne industrielle propriétaire, capable de produire une matière première homogène et reproductible malgré la diversité des cheveux collectés.

Sur le plan financier, la start-up a dépassé 2 millions d'euros de chiffre d'affaires sur le dernier exercice (avec 20 salariés) et vise 3,5 millions d'euros pour le prochain.

Côté reconnaissance, 2025 a marqué un tournant symbolique fort : Capillum a été sélectionnée pour représenter le Puy-de-Dôme à l'Élysée, lors de la Grande Exposition du Fabriqué en France en novembre. Une consécration nationale pour une entreprise labellisée Greentech dès 2022 par le ministère de l'Écologie.

Clermont-Ferrand, capitale mondiale du recyclage capillaire

L'histoire de Capillum, c'est aussi celle d'un ancrage territorial fort. De ses débuts dans les salons de coiffure auvergnats à son usine sur l'ancien site Michelin, l'entreprise incarne une nouvelle vision de l'industrie locale : circulaire, biosourcée, souveraine.

« Notre ambition, c'est de prouver qu'une ressource universelle et locale comme le cheveu peut devenir un pilier de l'économie circulaire française », résume James Taylor.

Un million de Français se font couper les cheveux chaque jour. Capillum, elle, a déjà commencé à les récupérer.

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